Jour 4. Toronto et la gratuité culinaire.

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C’est quand tu dors dans une van que tu te rends compte que quand tes parents te disaient « en avril ne te découvre pas d’un fil » ils avaient bien raison. Il ne fait vraiment pas chaud la nuit ces temps-ci. La couverture de laine n’est vraiment pas un luxe.

Comme prévu, mon état de grise a permis un profond sommeil. Je ne me souviens même pas m’être endormi. Selon les co-dormeurs, je dormais comme un bébé. Ils m’ont aussi annoncé que j’avais établi un record du monde d’ingurgitation en vitesse de Crispers. Pourtant, j’en ai aucun souvenir…

Comme Raph l’a tweeté ce matin, « Another day, another Tim Hortons ». Premier arrêt de la journée, le Timmies voisin du Dude Ranch auquel on a dormi. Café en main et ventre plein, on remercie Dustin et on reprend la route. Petite escale à la station service où Will se procure un billet de loto avec lequel il espère pouvoir acheter une nouvelle van.

En route, j’essaye tant bien que mal de recharger mon cell tout en mettant à jour le Blog du roadie. D’ailleurs, merci pour les bons commentaires… C’était supposé être un journal de bord personnel, mais les Hunters voulaient que je le partage. Me voilà maintenant à publier chaque jour un résumé des folles épopées d’un band sur la route.

Deux heures à rouler sur la 401 plus tard, la tour du CN et l’aéroport Pearson apparaissent devant nous. Toronto, nous voici!

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Maintenant dans la ville reine, nous rebaptisons Robigrise d’un nom anglophone plus approprié : Robert Grey, ou Bobby G pour les intimes.

On se stationné dans le China Town et on erre jusqu’au Kensington Market. Par contre, en chemin, le Ace of Spades Tattoo Parlor nous interpelle. 10 minutes plus tard, 7 rendez-vous étaient pris pour une journée complète de tatouage à partir de midi. À suivre demain…

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De retour au plan initial, on se rend au Kensington Market pour trouver de belles chemises western. Finalement, Dan ressort de là avec non pas juste de telles chemises, mais aussi une incroyable veste de fourrure. À mi-chemin entre un gorille et une veste, le succès a été instantané. J’ai même trouvé une épinglette de Stoneham!

Les emplettes terminées, on cogne à la porte de notre amie Kara pour se faire répondre par un homme très mêlé. À notre vue, il angoisse par la quantité de gens qui veulent entrer chez lui. Il nous dit qu’elle n’habite pas ici et nous dit de partir. Clairement pas à jeun, il était intoxiqué par quelconque drogue, probablement de la Krokodile.

Un téléphone à Kara et elle nous ouvre finalement la porte pour nous dire que son propriétaire est vraiment un idiot.

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On fait les derniers ajustements à notre plan de la soirée avec Kara et on part en quête d’une prise de courant. Toujours le même et éternel problème d’alimentation de nos machines de communication. On trouve un Starbucks pas trop loin du parking (illégal) de la van. C’est bien plein, mais Raph réussit à squatter une prise dans l’entrée. Le reste de groupe décide de traverser la rue et d’aller au Mullins Pub. Ce qui se révélera être un moment crucial de la journée.

Notre entrée se fait dans la chaleur. On est accueilli par la serveuse qui se rend vite compte que nous parlons français. Sophie nous raconte donc que ses parents sont francophones et qu’elle est restée à Montréal jusqu’à l’âge de 4 ans.

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Chacun une pinte de Guinness à la main, un panier de frites nous titille l’esprit. Nous cédons et commandons ledit panier. Rapidement terminé, il reste beaucoup trop de sauce. Shooters de sauce, qui dit mieux?

Peu après un autre panier sort de nul part, c’est l’homme assis au bar qui nous l’offre. Il nous a entendu parler français et a été séduit. Martin nous explique pourquoi le français a changé sa vie et nous demande ce que nous faisons à Toronto. Les gars explique que nous sommes en tournée et qu’il y a un show au Bovine Sex Club ce soir. Intrigué, il demande à acheter l’album pour l’écouter dans son auto avant de venir au show. Robert Grey propose d’aller en chercher un, sous la pluie, jusqu’à la van.

Après une vingtaine de minutes, le découragement et l’inquiétude s’installent. Where in the world is Bobby G? Il se révèle qu’il était parti dans la direction contraire…

Nous retournons donc à nos pintes que la jolie Sophie nous sert. Raph fini par nous rejoindre avec mon chargeur de cell. Je m’impose donc sur la facture d’Hydro du Pub. Avec quelques dizaines de pourcentage de plus d’énergie dans mon appareil, je peux reprendre la route.
Retour au parking de la van où nous retrouvons pas un ni deux amendes, mais bien aucune! Stationnés dans une rue toute la journée alors que le maximum est d’une heure. Bien joué.

Avec moins d’une minute de route à faire, Robert Grey croit bon de faire un somme maintenant, tout de suite, à l’instant. Un choix judicieux.

Quelques secondes plus tard, nous voilà arrivés au Bovine Sex Club. On commence à décharger le trailer pour se faire dire que ce n’est pas encore ouvert et qu’on doit rembarquer le stock dans la van. Pendant l’attente, on soupe et on se prend une petite grise ou deux.

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Kara nous rejoint à la van et on entre ensuite dans le bar. Si vous n’êtes jamais allé au BSC, l’expérience est indescriptible. C’est un peu comme prendre toute la section décoration du Village des Valeurs et la foutre partout sur les murs et au plafond. Sans oublier les lumières de Noël et les stickers de bands qui tapissent les murs.

En attendant le début du show, j’en profite pour écrire le Blog du roadie. Pas mal de temps à reprendre et beaucoup de temps de libre. Je crois avoir été assez productif.

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Martin que nous avions rencontré plus tôt au Mullins est venu nous voir et a même dit qu’il viendrait à Québec cet été. Juste avant que les gars commencent leur set, notre autre amie torontoise Janet est arrivée! Ça faisait tout un bail que tout ce monde avait été réuni. C’était aussi le dernier show avec Astpai qui prenne la direction des États Unis dès demain…

Le plus dur en tour, c’est pas l’alimentation ou le sommeil, ce sont les toilettes. Sérieusement, c’est quoi le problème pour les toilettes en Ontario?! Pas de pression d’eau, pas de flush, pas de barrure de porte, vraiment dirt…

Après avoir rempli la van, on va au Punk Rock Nights du Sneaky Dee’s. C’est vraiment LA place à Toronto pour les musiciens. Il reste juste 15 minutes avant la fermeture, mais on réussit quand même à se griser avec de la PBR pas chère. À 2h30, les portiers se tannent et on descend au premier étage, le restaurant. On commande un repas de rockers: le Destroyer. C’est le mélange entre un nachos et une poutine avec de la guacamole et de la crème sure. Un délice!

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Ayant encore faim, Will part récupérer un nachos qui traîne sur une table. Belle trouvaille grise. Ensuite, on aperçoit un monsieur qui mange des fajitas seul et qui va probablement avoir trop de nourriture pour lui seul. Avant même qu’il ait terminé, il demande d’où nous venons, car il nous entend parler français depuis tantôt. Quand il apprend qu’on est en tournée, il nous offre le reste de son repas. En échange, on l’invite gratuitement au show de vendredi. Merci Joe pour la bouffe.

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En sortant du bar, on rencontre Doum qui nous apprend que Sacha est parti en taxi avec une fille. On perd donc notre documentariste, mais on gagne une place de plus pour dormir. Tout le monde gagne. Doum nous a ramassé du café usagé et des journaux pour demain.

Rendu à la van, on jase et on fait de la thérapie de groupe entre bros. Larmes et pleurs, tout s’arrange et on s’endort.

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À date, meilleure journée de tournée. Du beau monde, de la bouffe gratuite et beaucoup de plaisir.

Demain, day off. Voyons ce que sept voyous trouveront à faire dans la grande ville…

Hugo McMoustache, griseur et roadie

Photos © 2012 Hugo Royer. Certains doits réservés


Leave a reply on “Jour 4. Toronto et la gratuité culinaire.”

  1. Tomee says:

    Bienje les ti-nommes pour les récits de PBR interurbains!

  2. Emmanuelle says:

    Wow quel beau post! Donne toujours plus le goût d’en lire plus et encore plus.
    Bonne idée ce blog!
    bonne tournée les gars!
    The Hunters, le groupe qui aura rocké le blackout à jonquière!
    xo

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