Europe. Jour 6. Prague, vampires et absinthe.

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On a été réveillés quelques fois dans la nuit par les chiens venus de l’enfer qui voulaient manger notre âme.  Les grognements qu’ils faisaient semblaient tout droit sorti d’un film d’horreur.

Je suis le premier à me lever et à aller rejoindre nos hôtes dans le salon. Je profite du temps libre pour écrire les entrées du jour 4 et 5 du blog du roadie.

En silence, avec un bon café, j’écris face à une grande fenêtre qui donne sur le paysage tchèque. Teresa et son copain écoute tranquillement la télé, mais je ne comprend aucun des mots du lecteur de nouvelles. De mon côté, les mots coulent et je réussie à reprendre le retard et être à jour dans les résumés des journées.

Environ 1h plus tard, les autres gars commencent à se lever peu à peu, un à un. Certains en profitent pour prendre leur douche, alors que d’autres me rejoignent pour déjeuner et parler.

Une fois tout le monde bien rempli avec un déjeuner local, on prend quelques photos avec les Walters et les deux personnes qui nous ont accueillis pour la nuit.
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On sort ensuite du garage pour reprendre la route vers Prague. Il n’est pas trop tard et on espère pouvoir profiter de notre journée dans cette si belle ville. Pour une fois, il n’y a pas beaucoup de route à faire pour se rendre à la prochaine ville.

Vingt minutes plus tard, on est en face du Cross Klub, à quelque pas du zoo de Prague. On laisse la van derrière la salle et on saute dans le métro au coin de la rue. Pour moins d’un euro, on peut se rendre jusqu’au centre-ville où on pourra faire un peu de tourisme et profiter de cette demi-journée de congé.

En sortant du métro, on se ramasse quelques pointes de pizza pas chères pour dîner et on continue pour aller explorer la ville. On sort devant le musée national. Il n’y a presque juste des boutiques souvenirs ou de vêtements. On fait donc nos emplettes d’items souvenirs, car c’est possiblement la seule journée où on pourra le faire.

Les gars veulent se trouver de l’absynthe à rapporter au Québec. Ils trouvent une boutique et commence à regarder les prix, les types et les lois concernant cet alcool fort. Durant ce temps, Laurin et moi profitons du wifi gratuit du café d’en face. Quelques minutes plus tard, les quatre chasseurs ressortent avec chacun un sac à la main. Ils auront du plaisir à boire leurs bouteilles de retour à la maison. Pour ma part, j’aime mieux me passer de cet infâme goût.

On parcourt les rues de Prague avec des yeux d’enfants. Tout est beau. Tout est comme dans les films. C’est comme le Vieux-Québec, mais immense et avec encore plus de cachet. On est tous en admiration devant le décor qui se dresse devant nous. On a tous les caméras à la main et on capture des souvenirs.

Le soir approche et il faut maintenant retourner à la salle pour manger, monter le gear et finalement faire le show.

Le Cross Klub ressemble à un mélange du Bovine Sex Club à Toronto et le Titty Twister dans le film “From Dusk Till Dawn” de Rodriguez. Le décor ressemble à un tas de déchets mécaniques, mais ils sont tous motorisés et bougent. C’est vraiment étrange. Il y en a partout. Des tuyaux remplis de bulles, des ventilateurs avec des tentacules lumineuses, de la clôture un peu partout et beaucoup de métal. On ne sait pas s’il y aura des vampires qui sortiront durant la soirée comme dans le film, mais l’ambiance est terrifiante. Fort des jeux de mots avec “tchèque”, le bar est renommé le Bovine Czech Club, en honneur à ce bar torontois qu’on affectionne.

On s’aventure dans le bar qui est sur plusieurs étages, dans un dédale d’escaliers. Durant la soirée, je ne crois pas avoir utilisé deux fois le même trajet tellement c’est vaste. On part à la rencontre du promoteur qui n’est pas encore arrivé. En le cherchant, on trouve le restaurant du Club et la serveuse nous dit qu’on peut manger gratuitement. Suite à de mauvaises expériences, on se méfie un peu. (Lire Blog du roadie, édition originale, épisode 8, Toronto)

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Le souper est arrangé avec le promoteur et on peut effectivement prendre n’importe quoi du menu à ses frais. On se prend chacun une pizza, question de faire chagement avec notre dîner dans le métro. Le service est très long, mais on finit par avoir nos pizzas. On les dévore en quelques minute et on est fin prêt à s’attaquer au load-in.

Les gars de The Forum Walters ont déjà entré tout l’équipement. Il ne reste que le soundcheck à faire.

On a accès à un backstage, mais c’est très petit. Néanmoins, une bouteille de Becherovka, une espèce de liqueur d’herbe entre le gin et le Jagermeister, mais avec un goût de cannelle prononcé. Quelques shooters et ensuite c’est déjà l’heure du show.

Beaucoup de gens se procurent des t-shirts et des posters du band. Dommage que les CDs soient en route quelque part entre Montréal et l’Allemagne.

C’est un show gratuit et il y a pas mal de monde varié dans la salle. Tout le monde semble apprécier et dansent au rythme de la musique des chasseurs.

Les gars veulent essayer l’absynthe tchèque. Ils se rendent au bar et on prend chacun un verre de cet alcool à 70%. D’un beau vert fluo et d’un goût répugnant, c’est plutôt la sensation de brûlure dans la gorge qui est le plus tannant.

On fait nos adieux aux gars de l’autre band qui reparte déjà pour l’Autriche. La van est déjà reloadée et il ne reste qu’à profiter de notre soirée avec Laurin, notre chauffeur, qui n’a pas à conduire ce soir, car on dort à l’hôtel au coin de la rue.

Dans les loges, je profite du bon signal wifi pour téléphoner la famille et la blonde. Puis se joignent à nous les autres gars du band. On parle un peu et vers 2h30, on part vers l’hôtel.

Le Leon Hotel est à moins de 300 mètres de la salle, mais ça prend près de 20 minutes à la bande pour s’y rendre. Ils marchent croche, lentement et s’arrêtent aux 20 pas pour s’asseoir.

On finit par atteindre l’endroit de repos. La réceptionniste demande à avoir nos passeports et les garder pour la nuit en garantie. Impossible qu’on lui laisse notre seule pièce d’identité fiable toute une nuit. Surtout dans un pays où ne parle même pas notre langue. Elle prend donc seulement nos informations et nous laissent aller dormir.

Demain matin, le déjeuner est de 8 à 10h et on doit être sortis de la chambre pouur 11h. Profitons du lit que nous avons pour une fois, car il y a trois heures de route à venir pour aller à Nuremberg, Allemagne.

Prague, ce n’est pas pour les doux.

Hugo Royer


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